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Voisinages stratégiques de lâ UE
   
 
 
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Voisinages stratégiques de lâ UE

 
Sunday, 27 February 2011 17:05
 
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Par Emmanuel Dupuy
EPOS Insights

La réunion tripartite réunissant à Deauville, le Président français, Nicolas Sarkozy, la chancelière allemande, Angela Merkel et le Président russe, Dmitri Medvedev a paru pour certains préfigurer un décrochage inédit et inquiétant quant à la solidarité européenne traditionnelle en matière de politique étrangère commune. Les principales critiques se sont notamment focaliser sur les relations que l’UE entend engager avec ses partenaires de son voisinage oriental.

Néanmoins, d’autres y ont vu une posture diplomatique franco-allemande ambitieuse visant à « mieux » et « plus » intégrer la Russie dans le cadre de cette nouvelle architecture de sécurité européenne en gestation. Ce rapprochement stratégique est tout aussi attendu en vue de la mise en place d’une nouvelle gouvernance économique et monétaire élargie que beaucoup appellent de leurs vœux, la France en tête.

La Russie sera donc au cœur de l’agenda 2011, comme ce fut le cas lors du dernier Sommet de l’OTAN à Lisbonne (19-20 novembre 2010) notamment à l’occasion de la réunion du Conseil OTAN-Russie, relancé en mars 2009, après l’épisode géorgien de l’été 2008.Tous les analystes s’accordent, en effet, à dire que le temps est venu de structurer davantage une relation privilégiée et plus équilibrée entre Moscou - sans oublier les ex-Républiques devenues indépendantes entre 1989 et 1992 -, les 27 de l’UE et les 28 membres de l’Alliance atlantique.

Ce dossier sera priotaire à l’occasion de la prochaine présidence française du G8-G20 (à partir de novembre 2011) alors même que Moscou espère pouvoir enfin faire son entrée dans l’OMC à cette occasion.De là à penser que la place de Moscou est dans l’OTAN ! Il n’y a qu’un pas que d’aucuns semble prêts à suivre et défendre avec détermination. Sans parler de réel « consensus transatlantique » sur la Russie, cette dernière et le reste de la communauté transatlantique partagent pourtant bien des valeurs communes, qui sont autant de pierres angulaires sur lesquelles construire un édifice solide…

Des zones géographiques stratégiques, à l’instar de l’Arctique, du Grand-Nord, du pourtour de la mer Noire, de la Méditerranée et de l’Asie centrale, sont autant de lieux de convergences emblématiques nécessitant dialogue et coopération entre la Russie, l’UE et les Etats-Unis.Ces préoccupations communes qui continuent de guider jusqu’ici la relation transatlantique depuis plus d’un demi siècle, sont le plus souvent mises en exergue comme étant « globales », c'est-à-dire nécessitant - le cas échéant - une réponse collective mais impliquant aussi des réponses individuelles dans et à la périphérie de l’OTAN et de l' :

  • Cyber menaces (à l’instar des attaques avérées par le passé contre l’Estonie, la Lituanie et la Géorgie et potentiellement en cours à l’encontre de la Grande-Bretagne). Malgré les 5 milliards d’internautes attendus en 2015, guère plus de 30 Etats ont recours à une doctrine défensive voire offensive en la matière ;
  • Terrorisme(s), notamment en ce qui concerne une éventuelle corrélation avec les proliférations d’ADM et d’armes légères, particulièrement préoccupantes dans le voisinage stratégique tant méditerranéen, européen qu’eurasien ;
  • Risques d’un décrochage technologique, stratégique et militaire (notamment en matière d’industrie de souveraineté et de défense) vis-à-vis de la Chine (notamment en Asie centrale et dans le Sud-Est asiatique) ;
  • Gestion solidaire des économies « occidentales » pour faire face à une crise économique et financière mondiale ;
  • Réponses concertées face aux « Rogues States » (compte tenu de la trentaine de pays dont certains considérés comme proliférant, c’est-à-dire s’étant dotés de missile balistiques de théâtre et intercontinentaux) à travers le projet d’installation d’une DAMB en Europe centrale et orientale - dont la Pologne est une pièce maîtresse et que la France et l’Allemagne ont proposé d’élargir à la Russie ;
  • Réponses concertées face aux « Rogues States » (compte tenu de la trentaine de pays dont certains considérés comme proliférant, c’est-à-dire s’étant dotés de missile balistiques de théâtre et intercontinentaux) à travers le projet d’installation d’une DAMB en Europe centrale et orientale - dont la Pologne est une pièce maîtresse et que la France et l’Allemagne ont proposé d’élargir à la Russie ;
  • Maîtrise de la recherche et du processus d’innovation (perçue comme la clé de la « puissance » de demain). Rappelons, à cet effet, que les dépenses publiques européennes grèvent à hauteur de 70% les budgets européens, laissant que trop peu de place pour l’investissement dans la formation et l’éducation : seule gage efficace contre l’impréparation aux risques) ;
  • Prise en compte de la diversification des risques et des menaces et par là même des investissements, notamment au niveau des Aides Publiques au Développement (APD). Il est un fait avéré, qui consiste à constater que les Etats-Unis dépensent plus en matière d’aide en faveur de la lutte contre le sida que pour la mise en place d’une DAMB plusieurs fois repoussée ! Chiffre néanmoins à nettement relativiser au regard du montant des bonus des traders de la banque d’affaires Goldman Sachs !

Ces éléments tendent ainsi à mettre en exergue une certaine forme d’« acquis transatlantique », paradoxalement partagé bien au-delà de la seule organisation otanienne, justifiant de jure que l’UE prenne enfin sa place dans ce dispositif.

Fort de ce constat, il ne fait pourtant guère de doute que ni la Russie, ni les Etats-Unis n’a plus aujourd'hui vraiment besoin de l'Europe pour avancer sur le chemin d’un dialogue stratégique équilibré entre eux. Il semble que le désintérêt américain rejoigne celui des Russes quant à la crédibilité et l’efficacité d’une PSDC qui tarde hélas à voir concrètement le jour, et ce malgré les outils nouveaux que lui confère le Traité de Lisbonne.D’où une stratégie, somme toute voisine visant à « désolidariser » certains pays européens de la seule ligne directrice de la diplomatie communautaire, afin notamment d’engager des rapprochements inédits et d’initier des pourparlers exclusifs quoique stratégiques.A titre d’illustration, le Sommet « Paris-Berlin-Moscou » de Deauville, en octobre dernier semble en donner une nouvelle preuve.

Face à l’ultra-dépendance de société russes, tel que le géant énergétique Gazprom - qui ne sera néanmoins très probablement pas en mesure d'assurer seul les investissements nécessaires à la satisfaction des besoins énergétiques européens des années 2020-2030 - il est apparu aussi clairement la nécessité de poser ensemble, entre Français, Allemands et Russes, les jalons d'une architecture de sécurité énergétique spécifique et inédite, qui reste désormais à fidéliser et communautariser aux 25 autres Etats non invités à Deauville.

Si les notions de « main tendue » et de politique de la « porte ouverte » se doivent d’être confirmées concrètement après le Sommet de Lisbonne, il est néanmoins communément établi que le souci américain de garantir des « common commitments » entre Etats démocratiques est encore d’actualité. Cette réalité géo-économique et géopolitique s’exprime avec aisance au sein de la notion exhumée du passé de « Communauté des Démocraties » (à l’instar du projet « bushien » visant à faire de l’Alliance le socle des « 100 démocraties » calqué sur une notion discutable d’Occident, cependant invalidé par la démographie).

Dans ce nouveau contexte stratégique, l’OSCE semble ainsi faire l’unanimité en sa faveur, tant du point de vue des experts et analystes russes comme ceux des think tanks et des décideurs anglo-saxons, comme l’a rappelé Hillary Clinton à Astana, il y a quelques semaines.

A l’instar de l’esprit d’Helsinki qui l’a vu naître en 1975, comme le lieu idoine pour garantir la notion de « Democracy Building » (du point de vue américain) et d’intégration géopolitique et géo-économique eurasiatique (aux yeux de Moscou), l’OSCE, fort de ses 56 membres, tant transatlantiques, européens qu’eurasiatiques, correspond parfaitement à l’outil de mise en œuvre de la doctrine communément partagée d’un désarmement conventionnel et nucléaire sur le continent européen. C’est du moins une réalité si l’on s’en tient aux évocations d’un tel scénario, mis en exergue par le Président Obama, à travers son discours de Prague en avril 2009 et sa volonté de tendre sérieusement vers une option « Global 0 ».

La ratification par le Sénat américain, fin décembre 2010, du traité START en est, en effet, un heureux présage. De ce point de vue, le Sommet d’Astana qui est venu clore la Présidence kazhake de l’OSCE, a sans doute été tout aussi important que celui de l’OTAN à Lisbonne, notamment en ce qui concerne la « sincérité russe » à vouloir participer - sans arrières pensées - à une nouvelle architecture de sécurité européenne, comme le Président Medvedev l’a laissé entendre à plusieurs reprises ces derniers jours.

De facto, le Sommet de Deauville aura ainsi mis le doigt sur la question sensible du leadership global. Question d’autant plus d’actualité qu’un universitaire américain de l’Université John Hopkins, Michael Mandelbaum dans son dernier ouvrage « The Frugal Superpower : Americas’s Global Leadership in a Cash-Strapped Era », semble remettre en cause durablement la capacité, voire la volonté de Washington de l’assumer sereinement, du moins sur le continent européen.

Ainsi, le débat sur la notion de « Regressive power » (puissance subie et par conséquent mal assumée) et « Progressive power » (puissance assumée et dès lors pleinement revendiquée comme bienveillante) n’en révèle pas moins une interrogation profonde quant à la légitimité de l’Alliance comme seule vecteur de la relation euro-atlantique et transatlantique.Il ne faudrait pas non plus que la crise financière ne soit le prétexte à un abandon de responsabilité consistant à ne pas endosser les solidarités collectives traditionnellement ferments de l’Alliance sur fond d’incapacité à les financer. D’où l’importance de la réforme budgétaire en gestation au sein de l’OTAN, tout aussi importante que celle de sa transformation actuellement en cours.

On le comprend, la question de la gouvernance économique, qui sera ardemment portée par la France et le Président Nicolas Sarkozy, lors de sa prochaine présidence du G8-G20, aura aussi des impacts dans le domaine sécuritaire ; du moins celui inhérent à la communauté euro-atlantique.Reste à y assumer, là aussi, une certaine forme de volontarisme voire un leadership plus clairement revendiqué : en dépend la crédibilité - pour longtemps - aussi de la capacité à vouloir bâtir réellement une défense assumée par les Européens de l’Europe.

En bref, la relance de l’OSTPOLITIK européenne - chère aux Allemands -, comme en témoigne le Partenariat Oriental (engageant depuis mai 2009 l’UE avec six de ses « voisins » : Arménie, Azerbaïdjan, Géorgie, Moldavie, Ukraine et Biélorussie) et qui caractérisera très certainement les prochaines présidences hongroise et polonaise de l’UE en 2011, semble de nouveau trouver un écho particulier.La relative timidité de l’Administration Obama vis-à-vis de l’UE offrant des perspectives nouvelles de dialogue dans le cadre de structures de coopérations régionales pré-existantes (OSCE - aujourd’hui ; OSC - Organisation de Coopération de Schanghaï, demain…).

La « ligne » visant à tendre vers une normalisation à défaut d’une coopération plus stratégique entre l’UE, l’OTAN et la Russie - défendue de plus en plus ouvertement par les Polonais et les Ukrainiens, peut-être demain par les Français et les Allemands - doit ainsi être considérée comme un acquis qui va désormais mieux structurer les débats quant aux opportunités de dialogue de l’UE avec son voisinage immédiat et sa périphérie plus lointaine. Néanmoins, la question du « leadership » russe, mis en exergue par les récentes déclarations du Président Medvedev ou du Premier Ministre Vladimir Poutine (lors de la réunion annuelle, en octobre dernier, du Club de Valdaï à Sotchi) ne peut être évoquée sans mettre aussi en exergue le dynamisme et le volontarisme turc en matière de politique étrangère, notamment quant aux différences d’appréciations selon que l’on se place du point de vue de Paris, Bruxelles ou Berlin...

Ankara, par la voie de son emblématique ministre des Affaires, Ahmet Davotuglu, est désormais clairement positionné comme le partenaire pivot « pragmatique » tant à l’égard de Washington que de Moscou. En témoignent la nécessaire stabilisation du Caucase-Sud, l’appel à de nouveaux partenaires diplomatiques - acteurs économiques et opérateurs stratégiques au Proche-Orient, en Asie centrale, dans les Balkans occidentaux comme du reste aussi de plus en plus ostentatoirement au Maghreb.

Tout comme le dernier Forum de Krynica (Pologne, septembre 2010) le laissait supposer, peut-être s’achemine-t-on aussi vers un processus de « bunkérisation » en Ukraine : ce qui pourrait avoir des conséquences néfastes pour la stabilité du pays et impacter négativement sur l’ensemble de la zone, notamment dans un contexte marqué par des relations Europe-Russie compliquées de part la relation UE-OTAN d’un côté et Europe-Etats-Unis de l’autre.

D'où l’urgente nécessité d'inscrire en priorité cette question à l'agenda du Partenariat oriental et de celui des prochaines réunions ministérielles des pays membres du Groupe de Visegard.Par ailleurs, la « montée en puissance » de la relation transatlantique sud (liant le Brésil à la façade atlantique du continent africain, notamment le Maroc et les pays du Golfe de Guinée) tout comme l’agenda géopolitique Sud-Sud et eurafricain, intimement lié aux changements climatiques s’inscrivent comme des axes de coopération nouveaux de part et d’autres de l’Atlantique : d’où le risque d’une déception forte résiduelle - qui se prolonge bien au-delà de l’échec désormais consumé du récent Sommet de Cancun.

Rien ne serait pire, que suite à l’échec renouvelé des discussions quant à la sincérité/capacité des principaux pays émergents à faire face collectivement et de manière solidaire aux effets des changements climatiques (à l’instar du Sommet de Copenhague en décembre 2009), cette question devienne le nouveau casse-tête, ou pire encore, la cause de tensions nouvelles entre Etats européens, plus ou moins interdépendants des bonnes relations entretenues avec certains pays émergents, notamment les plus récalcitrants à la réduction drastique des émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2012.

Il s’y dessine aujourd’hui une certaine forme de « conflictualité », renforcée sous les effets multiples des acteurs nationaux (Etats-Unis, Russie, nouveaux Etats indépendants issus de l’ex Union soviétique), transnationaux qui l’ont investi ou réinvesti, sous couverts de l’OTAN, de l’UE, de l’OSCE, de la CEI et de l’OTSC - Organisation du traité de Sécurité Collective (sans oublier les acteurs non-étatiques - ONG entre autre - qui contribuent à placer la dimension interculturelle comme un sujet d’intérêt partagé). Dès lors, convient-il de reconsidérer les espaces périphériques de l’UE, appelons les « voisins de palier » avec un regard prospectif. Prenons, l’exemple de l’espace géopolitique de la mer Noire, qui s’inscrit, en effet, désormais dans le cadre d’une certaine forme de nouveau « Grand jeu » - à la manière de celui qui avait caractérisé la rivalité entre la Grande-Bretagne et la Russie au XIXème.

Les enjeux liés à ce « Grand jeu » (sécurité des approvisionnements énergétiques, lutte contre le terrorisme et la grande criminalité organisé, maîtrise de toutes sortes de proliférations, gestion des flux migratoires, reconnaissance des minorités, multiculturalisme…) débordent le cadre strict de la Mer noire dans la mesure où l’évacuation du pétrole et du gaz d’Asie centrale ne profite pas à tous les pays - comme c’est le cas pour l’Iran, mis au ban de ce « Grand jeu ».

Les récentes inflexions américaines autour du dossier de la défense anti-missile balistique a aussi largement contribué à créer les bases de la reprise du dialogue OTAN-RUSSIE, rendant à la mer Noire, et par extension à la mer méditerranéenne, sa fonction de régulation. Par ailleurs, l’établissement tout aussi récent de relations diplomatiques apaisées entre l’Arménie et la Turquie, sous l’égide de la Russie, confirme l’implication et le rôle qu’entendent jouer les acteurs régionaux et ceux périphériques dans la stabilité et la sécurité de la zone européenne élargie.

Depuis la crise géorgienne de l’été 2008, l’on doit aussi compter sur un nouvel acteur : l’Europe, qui est sorti renforcée de sa médiation, à l’initiative de la Présidence française de l’UE.L’arrivée de la Bulgarie et de la Roumanie dans l’Union européenne, ne peut ainsi être déconnectée avec leurs entrées anticipées, en mars 2004, à l’OTAN. Le récent Sommet de l’Alliance atlantique en 2010, à Lisbonne en novembre dernier, a bien évidemment évoqué toutes ces questions cruciales pour la pérennité de l’Alliance, tout comme celle de l’UE. Le nouveau concept stratégique de l’OTAN devra, en tout état de cause, tenir compte du rôle nouveau que pourrait jouer l’OTAN dans la région et ce par l’entremise turque.

Il semble à cet égard, que les Etats-Unis ont d’ailleurs ouvertement sollicité la Turquie, seconde armée en nombre de l’Alliance, afin de « jouer » utilement sur leur fonction charnière, profitant ainsi de son évidente assise géographique et influence diplomatique et militaire sur le flanc oriental de l’OTAN.

De facto, la Turquie de l’AKP actuellement au pouvoir, à la fois membre de l’OCI (Organisation de la Conférence Islamique) mais aussi de l’Alliance des civilisations entend placer la religion au cœur de sa politique de puissance et sa stratégie d’influence. C’est résolument ce que le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu appelle de ses vœux, en rappelant à la mémoire collective ce qu’est une politique étrangère multipolaire, que d’aucuns ont baptisé de « néo-ottomane ».

Tous ces acteurs (UE, OTAN, OSCE, Etats riverains, Etats-Unis, Russie, Turquie) sont devenus les acteurs « imbriqués» et dont dépend l’avenir pacifié de cette région pivot entre Europe et Asie. Il convient donc de prendre mieux en compte les exigences de ce continuum avec le Caucase et l’Asie centrale.


La mer Noire, au même titre que la mer Méditerranée se singularise à bien des égards. Tout d’abord considérée comme zone stratégiquement fracturée (cf : guerre froide) tous ces acteurs autrefois rangés dans des camps antagonistes ont désormais vocation à mieux collaborer et s’intégrer dans une démarche (économique d’abord, politique, ensuite) commune ou du moins collective.

D’où la similitude d’approches avec les tentatives de coopérations trans-méditerranéennes (le projet d’Union pour la Méditerranée en étant le plus récente et le plus emblématique). Cette dernière aura permis de mettre en exergue une dynamique collective propre à permettre de tenter de résoudre les nombreux facteurs d’insécurités partagés, ce que l’on pourrait qualifier « d’insupportables communs » portés par les riverains de la mer Noire.

Tout comme la mer Méditerranée, la mer Noire porte les stigmates des différents empires qui l’ont dominé. Ces « traces d’Empire » (byzantin, ottoman, austro-hongrois, soviétique) ont laissés un certains nombres de « conflits gelés » (nous lui préfèreront la notion anglo-saxonne de « extended conflicts », chacun d’entre eux ayant sa propre dynamique faites d’avancées sur le chemin de la paix, reprise de la conflictualité ou recherche sincère d’une sortie de crise) mais qui in fine empoisonnent l’équilibre stratégique depuis plus de vingt ans, pour certains d’entre eux.

D’ailleurs, l’OTAN (à travers le Dialogue Méditerranéen et l’Initiative de Coopération d’Istanbul), tout comme l’UE (cf : visite d’Abdullah Gül en France dans le cadre du Lancement de la saison turque à Paris) en plaçant la Turquie, mais aussi la Bulgarie (du moins si l’on retient les ambitions clairement exprimées dans ce sens par le nouveau Premier Ministre Boïko Borissov) et bien évidemment la Roumanie, comme éléments centraux de ses « ambitions » orientales tend à replacer la mer Noire dans un actualité à la fois européen, transatlantique, moyen-orientale, caucasienne et méditerranéenne.

Il convient, à cet effet, de ne pas oublier non plus le lien eurasiatique évident reliant le bassin de la mer Noire à l’espace caspien et, au-delà, de l’Asie centrale, notamment en prenant en compte la politique actuelle de la Commission visant à approfondir et élargir les politiques maritime intégrées de l’UE (cf : Initiative EU 4 Seas).

L’établissement, à cet égard, d’une méthodologie régionale de gestion de la tension et le développement de projet visant à l’intégration régionale sont aussi deux facteurs qui mettent en lumière une similitude de point de vue avec les projets visant à sécuriser durablement les différents espaces maritimes entourant l’UE (Océan Atlantique, Baltique, Méditerranée, mer Caspienne, mer de Barensk, mer Noire, Golfe persique…).

 

 


*Chargé d’études au sein de l’Institut de Recherche Stratégique de l’Ecole Militaire (IRSEM), Président de l’Institut Prospective et Sécurité en Europe (IPSE)

 





Last modified on Wednesday, 11 July 2012 14:37
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